Comment dire « bonne année » en japonais ?

1 janvier 2026

Alors que janvier 2026 vient de commencer, les “bonne année !” fusent un peu partout. Mais au Japon, cette période ne se résume pas à un simple changement de calendrier : le Nouvel An, Oshōgatsu, est la fête la plus importante de l’année, un moment de renouveau, de purification, de gratitude et de liens sociaux renforcés.

Et là-bas, on ne balance pas un “bonne année” au hasard :
on ne dit pas la même chose avant le 1er janvier et après, on ne parle pas pareil à un patron ou à un ami, et même le moment où tu t’autorises à souhaiter la bonne année est codifié.

Si tu veux éviter la bourde culturelle et vraiment coller aux usages japonais, on déroule tout ça tranquillement.

Comment dire "bonne année" en japonais ?

Comprendre les vœux de bonne année au Japon

Au Japon, les vœux du Nouvel An ne sont pas une simple formalité. Ils sont le reflet d’une société où :

  • le temps est découpé en périodes bien marquées,
  • la relation à l’autre (hiérarchie, proximité, respect) structure le choix des mots,
  • et le Nouvel An est à la fois un bilan de l’année écoulée et une promesse de continuité pour l’année qui vient.

Deux idées clés à garder en tête :

  1. On distingue les vœux d’avant le 1er janvier et ceux d’après.
  2. Le niveau de politesse change selon que tu t’adresses à un ami, à ta belle-mère ou à ton boss.

Avant le 1er janvier : comment dire “bonne fin d’année”

Tant que minuit n’a pas sonné, on ne souhaite pas “bonne année” à proprement parler. On reste encore dans l’année en cours, qu’il faut clore correctement.

L’expression à connaître

Avant le Nouvel An, on utilise :

良いお年をお迎えください
Yoi otoshi wo omukae kudasai

Littéralement : “Veuillez accueillir une bonne année.”

En pratique, on peut le comprendre comme :

  • “Je te/vous souhaite une bonne fin d’année et une belle entrée dans la nouvelle.”

C’est la formule qu’on sort :

  • quand on voit ses collègues pour la dernière fois de l’année,
  • quand on quitte un client le 28 ou 29 décembre,
  • quand on salue un voisin ou un commerçant avant le changement d’année.

Dans les échanges plus informels, on l’abrège souvent en :

良いお年を
Yoi otoshi wo

Un “bonne fin d’année” plus léger, qu’on peut lancer à des amis, des connaissances ou par message.

À partir du 1er janvier : la vraie “bonne année” en japonais

Une fois que le 1er janvier est là, on change complètement de registre. On n’est plus dans le “bien terminer l’année”, mais dans le renouveau.

La formule standard et polie

La phrase à connaître absolument :

あけましておめでとうございます
Akemashite omedetō gozaimasu

Littéralement : “Félicitations pour l’ouverture de la nouvelle année.”

C’est l’équivalent du “Bonne année !” en version polie.
Mais, au Japon, on ne s’arrête généralement pas là.

On ajoute très souvent :

今年もよろしくお願いします
Kotoshi mo yoroshiku onegai shimasu

Impossible à traduire littéralement en un seul bloc, mais l’idée, c’est :

  • “Je compte encore sur vous cette année.”
  • “Merci de continuer à bien vous occuper de moi cette année.”

Dit autrement :
on ne souhaite pas seulement le bonheur à l’autre, on renouvelle la relation, on montre qu’on tient au lien pour l’année qui commence.

Petit récap rapide

Quand ?Expression japonaiseRomanisationIdée générale
Avant le 1er janvier良いお年をお迎えください / 良いお年をYoi otoshi wo omukae kudasai / …Passez une bonne fin d’année
À partir du 1er janvierあけましておめでとうございますAkemashite omedetō gozaimasuBonne année
Souvent juste après今年もよろしくお願いしますKotoshi mo yoroshiku onegai shimasuComptons encore l’un sur l’autre cette année

Politesse et proximité : formel ou informel ?

Comme souvent en japonais, le niveau de politesse est central. Tu ne diras pas la même chose à ton patron qu’à ton meilleur pote.

Version formelle : au travail, avec des aînés, dans un cadre sérieux

Dans un contexte pro ou face à quelqu’un que tu dois respecter (supérieur, client, professeur, personne plus âgée), on reste sur les formes complètes :

あけましておめでとうございます。
今年もよろしくお願いします。

C’est la combinaison “propre”, qui montre :

  • du respect,
  • de la gratitude,
  • et l’envie de maintenir de bonnes relations.

Oublier le gozaimasu ou la phrase sur “kotoshi mo yoroshiku onegai shimasu” peut paraître sec ou négligent dans un contexte pro.

Version informelle : entre amis, en famille, en messages

Avec tes proches, ça se détend.

On peut dire, à l’oral :

あけましておめでとう!
Akemashite omedetō !

Et, dans les SMS, chats ou réseaux sociaux, l’ultra-contraction très courante :

あけおめ!ことよろ!
Ake ome ! Koto yoro !

  • Ake ome = abrégé de Akemashite omedetō
  • Koto yoro = abrégé de Kotoshi mo yoroshiku

Attention : ça reste très familier, réservé aux amis proches, à la famille ou à des gens avec lesquels tu as un lien détendu.
À éviter totalement au travail ou avec quelqu’un que tu connais peu.

Jusqu’à quand peut-on souhaiter la bonne année au Japon ?

Autre subtilité importante : au Japon, on ne souhaite pas la bonne année indéfiniment. Il y a une période “officielle” pour ça.

La période de Matsunouchi

On parle de Matsunouchi (松の内), “à l’intérieur des pins”, en référence aux décorations de pin (kadomatsu) installées devant les maisons pour le Nouvel An.

Durant Matsunouchi, il est parfaitement normal de dire :

あけましておめでとうございます。

Mais cette période a une date de fin, qui dépend des régions :

  • Région du Kantō (Tokyo et environs) :
    généralement jusqu’au 7 janvier.
  • Région du Kansai (Kyoto, Osaka…) :
    la période peut s’étendre jusqu’au 15 janvier.

Passé cette date, continuer à lancer un “Akemashite omedetō gozaimasu” peut sonner un peu décalé, comme si tu souhaitais “bonne année” fin février.

Et après Matsunouchi ?

Si tu rencontres quelqu’un pour la première fois de l’année, mais après la fin de Matsunouchi, on évite la formule complète.

On privilégie une phrase comme :

今年もよろしくお願いします。
Kotoshi mo yoroshiku onegai shimasu.

Tu ne souhaites plus “bonne année” à proprement parler, mais tu installes quand même l’idée d’une bonne entente pour l’année en cours. C’est plus discret, plus dans les codes.

Le Nouvel An japonais : plus que des vœux

Pour bien saisir la logique de ces formules, il faut les replacer dans tout ce qui entoure le Nouvel An au Japon.

Avant le 1er janvier : nettoyer, clôturer, remercier

  • Nenmatsu Ōsōji : le grand ménage de fin d’année, physique et symbolique. On nettoie la maison à fond pour la purifier et accueillir les divinités du Nouvel An dans un lieu propre.
  • Bonenkai : littéralement “fêtes pour oublier l’année”. Ce sont les soirées de fin d’année entre collègues ou amis, où l’on tourne la page, parfois un verre à la main.
  • Ōmisoka (31 décembre) : moment en famille, repas spécial, et écoute des 108 coups de cloche des temples bouddhistes, qui symbolisent les 108 passions humaines à laisser derrière soi.

Dans ce contexte, Yoi otoshi wo prend tout son sens : on souhaite à l’autre de bien franchir ce seuil.

Après le 1er janvier : prier, manger, écrire

Les premiers jours de l’année sont marqués par plusieurs traditions :

  • Hatsumōde : la première visite de l’année dans un sanctuaire shintō ou un temple bouddhiste. On y va prier, acheter des amulettes (omamori), tirer sa prédiction de l’année (omikuji).
  • Osechi Ryōri : la cuisine traditionnelle du Nouvel An, servie dans des boîtes laquées, avec chaque aliment porteur d’un symbole (longévité, fertilité, santé, bonheur…).
  • Nengajō : les cartes de vœux du Nouvel An. Même si le numérique a pris de la place, beaucoup de Japonais continuent d’en envoyer à la famille, aux amis et aux collègues.

Dans cet univers très codifié, les expressions “Akemashite omedetō gozaimasu” et “Kotoshi mo yoroshiku onegai shimasu” ne sont pas de simples phrases : ce sont presque des rituels verbaux.

Comment progresser en japonais grâce aux vœux du Nouvel An ?

Si tu apprends le japonais, maîtriser ces formules de Nouvel An est une belle porte d’entrée vers :

  • la politesse (formes formelles / informelles),
  • la conscience du temps (avant / après le 1er janvier, période de Matsunouchi),
  • et la culture (rituels, fêtes, TV, traditions familiales).

Quelques pistes pour aller plus loin :

  • regarder des émissions japonaises spéciales Nouvel An (tu entendras ces expressions en contexte),
  • lire des articles ou blogs japonais sur Oshōgatsu,
  • écrire toi-même des mini-messages de vœux en japonais à des amis, ou dans le cadre d’échanges linguistiques,
  • demander à des Japonais comment eux formulent leurs vœux et à quel moment ils les utilisent.

En résumé, dire “bonne année” en japonais, ce n’est pas juste aligner quelques mots exotiques.
C’est entrer dans une logique où le moment, la relation et le niveau de politesse comptent autant que le sens.

Avant le 1er janvier, tu souhaites une bonne fin d’année avec Yoi otoshi wo.
À partir du 1er janvier, tu célèbres le renouveau avec Akemashite omedetō gozaimasu, et tu renforces le lien avec Kotoshi mo yoroshiku onegai shimasu.

Et déjà, rien qu’avec ça, tu te rapproches un peu du vrai rythme du Japon au moment de Shinnen.

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